Rue du Vieux-Four 59
Ancienne maison rurale attestée sur l’ancien cadastre comme « Maison paysanne avec pressoir » (Ackermann, Hans Moëvi, Roland, Schaetti, 1997-2006) puis, cadastrée en 1810 au nom de Charles Christin et englobant également les actuels bâtiments 204 (61, rue du Vieux-Four), 51 (59, rue du Vieux-Four – objet de notre fiche) et une partie du 52 (57, rue du Vieux-Four). En 1849, le bâtiment est agrandi et cadastré au nom de Jean Louis et Marie Christin.
Construit en maçonnerie de pierre, ce bâtiment se trouve en tête d’îlot et est contigu à celui de la rue du Vieux-four 57 au sud-ouest. Son plan rectangulaire adopte l’orientation typique des maisons rurales genevoises avec le mur gouttereau construit à front de la rue (sud-est). Il compte un étage sur rez-de-chaussée avec un niveau de comble. Il est coiffé d’un toit à deux pans, relevé à la base par des coyaux, avec un avant-toit débordant et soutenu par des bras-de-force en bois, le tout caractéristique de l’architecture rurale genevoise. La substance architecturale du bâtiment et son gabarit ancien sont très bien conservés. Ainsi, l’organisation de la façade principale (sud-est) a conservé ses travées fonctionnelles primitives. La tripartition de l’espace, en un logis et parties agricoles, demeure bien lisible avec : au centre, la porte cochère avec encadrement en pierres de taille de calcaire ancien et arc en anse de panier, surmontée d’une ouverture circulaire permettant la ventilation. A l’angle ouest, on observe un mur saillant et une partie correspondant autrefois à l’écurie, avec une porte rectangulaire et une ouverture de ventilation. Le tout a été réaffecté en partie habitation lors de transformations en 1945. A l’est, on observe un escalier et une galerie en bois, permettant d’accéder, au premier étage, à la partie logement (ancien habitat du paysan) selon un dispositif courant dans les maisons rurales antérieures à la seconde moitié du 19e siècle. Les huisseries ont été préservées. En dessous de cette galerie, se trouve un passage ouvert qui a été conservé dans son état ancien et qui accueille toujours un pressoir. Le pignon comporte une porte, servant d’entrée actuelle, surmontée de deux ouvertures : l’une, petite et carrée, correspondant à une ouverture de ventilation, l’autre rectangulaire, éclairant le premier étage. Tous les encadrements des ouvertures sont en molasse et sont dotées de contrevents en bois.
L’intérêt patrimonial de cet objet repose en particulier sur la conservation-permanence de son plan ancien, la lisibilité de la distribution fonctionnelle du passé agricole autant que sur l’excellent degré de conservation de sa substance (gabarit, percements, éléments constructifs) et sur sa valeur d’ancienneté. Ces points confèrent à cet objet une valeur patrimoniale élevée.
Fait partie du recensement du canton de Genève, RAC Aire-la-Ville.