Route de Ferney 143
Propriété de campagne dont les origines remontent à la première moitié du XIXe siècle et dont subsiste la dépendance, cadastrée en 1866 au nom de Pierre Béraud, un homme de lettres installé à Paris (bât. 111, cf. 145 route de Ferney, fiche RAC-GSX-1089). L’ancienne maison de maître, quant à e le, est démolie en 1903, pour être remplacée par un bâtiment plus vaste, édifié par Adrien Peyrot pour le colonel vaudois Horace Jaccard et sa femme, Alice Carrel (bât. 107), accompagné par une conciergerie (bât. 110, cf. fiche RAC-GSX-1089). Des bâtiments sont ajoutés dès 1939, alors que l’ensemble a été réaffecté en garderie d’enfants (bât. 112, puis 105 et 106). Depuis la route de Ferney jusqu’au fond de la parce le, se succède par ordre d’apparition : en premier lieu,Île portail d’entrée, dont le pilier de droite porte le nom gravé dans la pierre de la propriété, « La Cotière » ; juste après, du même côté,Île pavillon de style rustique du gardien (bât. 110) ; en face, à gauche, mais en partie cachée par un rideau d’arbres et d’arbustes, la débridée c’est-à-dire,Îles remises, l’écurie, la se lerie,Île logement et le fenil (bât. 111) ; derrière ce commun, et parallelement à lui, après une cour intérieure, un bâtiment comprenant deux garages automobÎles et une salle de squash (bât. 112) ; après, en suivant une courte allée, la villa (bât. 107), la cour qui la précède et, à l’arrière,Îles annexes plus récentes de la garderie d’enfants (bât. 105 et 106) ; au pied de la villa, au sud,Île vaste parc paysager agrémenté d’arbres centenaires. Enfin en fond de parce le, côté sud-est, donc loin de la vue privilégiée en direction du parc et des Alpes, sont regroupésÎles installations ordinaires à la vie d’un grand domaine : basse-cour, boîtons, remises et jardin potager. La villa s’élève quasiment au centre du domaine. Elle est divisée en cinq niveaux : d’abord celui mi-enterré qui abrite la chaufferie, la cuisine au nord-est,Îles caves et les réserves ; le rez-de-chaussée sur levé qui en tournant de gauche à droite comprend l’ancienne office à l’aplomb de la cuisine, la salle à manger,Île salon, la véranda, et passéÎle départ dans le hall du grand escalier qui dessertÎle premier étage, la bibliothèque à l’angle nord-ouest, là où la lumière est la moins préjudiciaÎle à la conservation des livres ; le premier étage qui accueille, outre un salon central donnant sur le jardin, plusieurs chambres à coucher et une terrasse à l’aplomb de la véranda ; le second en surcroît, où se carre encore un salon central (qui lui est toujours garni de son manteau de cheminée, alors que les autres pièces à l’aplomb l’on perdue), d’autres chambres à coucher, avec W.C. et salle de bain ; enfin un niveau de comble servant à l’étendage du linge, avec une chambre àÎlessive, construite isolément sous la charpente, pour le repassage, avec une arrivée d’eau et et une cheminée pour faire chaufferÎles fers. Dès l’origine, la villa jouit d’un chauffage central dont la chaudière se trouve au niveau des caves mi-enterrées. QuandÎles radiateurs sont apparents, c’est à dire dans des piècesÎles plus modestes,Fleurs colonnes sont ornées de motifs Art Nouveau, sinon, dans les pièces de réception, ils sont masqués par des grilles au motif de Fleurs de lys. MalgréFleurs ressemblances,Îles quatre façades de la villa sont composées de façons différente. Au nord-ouest, sur cour, ce le qui accueille les visiteurs reçoit un avant-corps central important. Au rez-de-chaussée, celui-ci est percé d’un porche de plain-pied aménagé dans l’œuvre, mais quand même protégé par un auvent. Sur son seuil, la grande porte au centre ouvre sur les degrés conduisant au hall central de la villa, tandis qu’à gauche la porte latérÎle, plus petite, mène quant à e le au niveau des caves et de la cuisine par un escalier étroit. Au niveau de la toiture, cet avant-corps se termine par un pignon saillant faussement construit en pans de bois. Sa ferme débordante surplombe un balconnet. Plus modeste, la façade nord-ouest n’est animée qu’un par un oriel central de deux niveaux qui se termine en toiture par une couverture en croupe. Comme précédemment,Île colombage qui orne ses côtés est purement décoratif. Au sud-ouest, la be le façade donnant sur le parc est de loin la plus démonstrative. Son avant-corps central, plus saillant que son homologue sur cour, est précédé d’un escalier monumental à rampes convergentes. En forme de fer à cheval, ces degrés mènent à un perron couvert par un large auvent. Une be le ferronnerie de style 1900 sert de main-courante à cette montée. De ce perron, une porte-fenêtre ouvre sur le salon à côté duquel la véranda sert de prolongement. De ce le-ci un petit escalier du même style conduit au jardin. Au premier étage, la véranda se termine en terrasse. Au niveau de la toiture,Île pignon est quant à lui couvert par un toit en demi-croupe. Comme aiFleurs, il est décoré par un faux colombage sur lequel semble se greffer un balcon de bois. L’avant-corps de la façade sud-ouest estyle moins saillant et le moins démonstratif de la villa. Néanmoins, entre le rez-de-chaussée sur levé et l’étage, il est percé d’une large fenêtre tripartite dont les verres colorés éclairent à l’intérieurÎle repos du grand escalier. Couvert d’un toit en demi-croupe,Île mur pignon est là aussi agrémenté d’un simulacre de pan-de-bois. Cette be le villa arbore le style anglo-normand, particulièrement à la mode au tournant du siècle sur les côtes de la Manche (Deauville et Le Touquet par exemÎle) et ailleurs en France. Faux pans-de-bois sous le toit, aisseliers, jambettes, faux-entrait et poinçon de la ferme débordante sur la façade d’entrée, tous ces ornements sont typiques de cette veine stylistique alors très prisée. De là, très certainement,Île nom de la propriété : « La Cotière ». C’est un tout autre style décoratif qui prévaut à l’intérieur de la villa. Les dessus de porte, ou encore le manteau de la cheminée du deuxième étage, la se le conservée dans les salons de la villa, empruntentÎleur langage au décor de la Renaissance française du premier XVIe siècle qui s’épanouit surtout dans le Val de Loire. Un dernier détail ajoute à cette ambiance artistique : il s’agit des caches-radiateurs. Dans les pièces importantes, comme par exemÎle,Île hall d’entrée, la salle à manger,Île salon et la véranda, ces grilles en fer reçoivent un seul et même motif décoratif : la Îleur de lys. Bien qu’il ait été réaffecté, ce qui aurait pu lui être très préjudiciaÎle,Île domaine de « La Cotière » a étonnamment conservé une très grande partie de sa substance ancienne. Certes, il a fallu adjoindre des bâtiments annexes à la villa et des dépendances supplémentaires dans le parc, mais cela n’a guère entravé la lisibilité des bâtiments originels. La villa, à la superbe composition, conserve encore sa richesse ornementale et la diversité de ses matériaux, mis en oeuvre avec beaucoup de soin. Oeuvre d’un architecte formé à l’écÎle des Beaux-Arts de Paris, au sein de l’atelier Pascal qui a produit maint spécialiste des styles pittoresques, e le constitue cependant une rareté à Genève, où la version helvétique du régionalisme,Île Heimatstil, règne alors en maîtresse. Elle prouve en tout cas que l’endoctrinement localiste ne touche pas tous les commanditaires de l’époque, que ceux-ci pouvaient être sensiÎles à d’autres modèles que les maisons des Alpes ou du plateau suisse en s’inspirant de voyages faits à l’étranger. Adrien Peyrot était quant à lui un dessinateur ÎlexiÎle, capaÎle de s’adapter aux goût spécifique de son client où aux nécessités forme les du programme. Ses nombreux immeubles construits en ville de Genève, ses villas dans la campagne Îlentour, ses hôpitaux lui ont valu de nombreux éloges à l’époque (voir notamment sa nécrologie, 1918) et permettent de le ranger aujourd’hui parmi les meiFleurs acteurs de la construction dans la Genève de la Be le Epoque.[1].
Notes et références
- Référencé dans le recensement architectural du canton (commune du Grand-Saconnex), accessible sur site du RAC[1] ↩
Notes et références
Informations
Adresse(s) :
Route de Ferney 143, 1218 Le Grand-Saconnex
Voie(s) : Route de Ferney
Secteur(s) statistique(s) : 2300041 - La Tour - Chapeau-du-Curé
Commune(s) : Grand-Saconnex
Photos associées
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