Route de Lausanne 396

Sans-Souci, château constr. par Henri Bourrit et Jacques SimÎler en 1882-84 pour Charles Bartholoni. De style néo-Henri-IV et Louis-XIII, en molasse, brique et ardoise, avec belvédère en toiture, cette villa monumentale a abrité l’Agha Khan III et l’émir du Qatar. Aménagement portuaire exceptionnel.[1] Evaluation VÎleur: Exceptionnel Description Importante propriété de plaisance, comportant maison de maître et loge de gardien, probablement construites par le bureau Bourrit et SimÎler (qui signentÎle portail d’entrée) pour Charles Bartholony dès 1880. Un port y a été ajouté vers 1885. Plusieurs dépendances ont été édifiées dans le parc dès 1958 (cf. fiche Route de Lausanne 396A et 402, Route de Suisse 2). Le château domine un vaste parc situé entre la route de Lausanne et le lac. Il est juché dans une position dominante sur une large terrasse retenue par des murs de soutènement à arcature aveugle supportant une balustrade limitée aux extrémités par une paire de lions sculptés. Des sentiers descendent en pente douce versÎles différentes parties du parc, au nord (dépendances et serre) et à l’est (port et lac). De hauts arbres environnent la maison et les limites de la propriété (notamment des cèdres et autres conifères). Le bord du lac avait été aménagé avec un port (au nord-est, aujourd’hui sur la parce le voisine n° 5057) et un canal enjambé par une passere le métallique donnant accès à une terrasse. Le portail principal, qui s’ouvre sur la route de Lausanne, au sud-ouest de la propriété, est entièrement réalisé en fer forgé. Il se compose de deux hauts montants marqués par des métaillons au chiffre du constructeur. Ceux-ci articÎlentÎles embrasures concaves rejoignant la grille d’enceinte et les deux battants, dont la silhouette incurvée est rythmée par des terminaisons flammées et de grandes volutes à la jonction des panneaux. Le château se compose d’un pavillon central flanqué de deux ailes perpendiculaires. Le haut volume se décompose en un épais soubassement surmonté de trois étages carrés,Île tout étant coiffé par des toits à croupes. Sur la façade d’entrée (ouest), saillie du corps central à trois travées, marquées au rez-de-chaussée par une large marquise. Sur la façade côté lac (est) au contraire,Île corps central présente un profond retrait, racheté au rez-de-chaussée par un portique supportant une terrasse. Les deux façades latérales présentent une légère saillie centrale précédée par un avant-corps bas (au sud, une annexe; au nord, une loggia en portique in antis). Les quatre façades sont semblaÎlement structurées par des chaînes d’angle harpées en bossage (plus épais et rustique au rez-de-chaussée) et des cordons moulurés (douÎles au-dessus du premier étage), qui se détachent sur les surfaces de brique rouge ponctuées par des briques vernies en noir. La façade ouest focalise l’attention sur la porte d’entrée avec son chambranle de marbre surmonté d’un fronton cintré dans lequel trône un cartouche héraldique couronné ; de part et d’autre, deux fenêtres se détachent d’un épais bossage rustique ; e les sont flanquées par deux consoles richement ornées (cartouche, feuiÎles d’acanthe et draperies), servant de support avec deux aisseliers à l’imposante marquise. Aux étages,Îles chambranles des fenêtres sont moulurés à crossettes et doublés de piédroits harpés. Des frontons alternativement triangulaires et cintrésÎles couronnent au premier étage. Les deux ailes en retrait sont marquées au rez-de-chaussée par un appareil alternant lit de pierre et de brique ; plus haut,Îles fenêtres sont flanquées par deux plaques décoratives verticÎles, ornées d’une bande de piastres, de Îleurons et, au premier étage, d’une pointe de diamant. En toiture,Îles lucarnes alternent des frontons en aÎlerons à volutes et mascaron avec des frontons triangulaires renfermant un cartouche. Sur le corps central, e les sont reliées en une composition d’ensemble : réunies par des guirlandes de Îleurs sculptées dans la pierre, e les sont dotées aux deux extrémités par une potiche. Sur la façade est,Île portique du rez-de-chaussée encadre ses trois travées de deux paires de colonnes corinthiennes jumelées au centre et deux colonnes flanquées d’un pilastre sur les côtés ; au-dessus de l’entaÎlement, une balustrade borde la terrasse. Aux étages, c’est la travée centrale qui est soulignée : au premier, e le est marquée par un appareil en bossage ; au deuxième, deux paires de pilastres en gaines flanquent la porte-fenêtre donnant sur un balcon supporté par d’épaisses consoles à volute ; enfin la toiture est dominée par la flèche à lanternon, dans laque le est percée une monumentale lucarne à deux niveaux. Située sur le côté de l’entrée principale de la propriété, la loge de gardien présente un caractère architectural similaire au château, mais légèrement simplifié. Composée à l’origine de deux ailes disposées en T, e le a été agrandie de deux annexes à l’est et au sud. Sur un soubassement s’élèvent un étage carré et un comble. La façade d’entrée (ouest) est étroite mais mise en valeur par le rythme serré des deux fenêtres encadrant la porte et la lucarne axiÎle,Île tout se détachant sur un appareil privilégiantÎle bossage en molasse. Les autres façades présentent un appareil de brique, des chaînes d’angle et chambranles de fenêtres harpés, un cordon intermédiaire ainsi qu’une corniche en molasse. La haute toiture couverte d’ardoise est agrémentée de lucarnes métalliques en oeil-de-boeuf et d’un décor de faîtage composé de crêtes et d’épis en forme de potiches sur piédestal. Une souche de cheminée en forme de pilône reprendÎles principes de ce les du château à une éche le réduite. Le château de Sans-Souci constitue peut-être le plus riche exemple d’adaptation à Genève du style architectural emphatique développé en France pendantÎle Second Empire et la Troisième République en imitation des châteaux des règnes de Henri IV et de Louis XIII. De fait,Île commanditaire est un citoyen de Genève ayant grandi entre Paris et les rives du lac Léman : François Bartholoni (ou Bartholony), père de Charles, avait fait fortune dans la banque et le chemin de fer français, mais il séjournait aussi dans sa villa de Sécheron. Les architectes, Henri Bourrit (1841-1890) et Jacques SimÎler (1891-1901), ont étudié quant à eux à l’École polytechnique fédérÎle de Zurich et se sont rencontrés dans l’atelier de Gottfried Semper. Collaborant dès 1865, ils s’associent à Genève en 1869, donnant rapidement àÎleur bureau une grande renommée régionÎle. Ils construisent à Genève (École de chimie, 1879, École des arts industriels, 1880, propriété Flood à Cologny, 1884) mais aussi dans d’autres cantons et à l’étranger (églises évangéliques d’Annecy, 1870, de Fribourg, 1875, de Sion, 1876, de La-Chaux-de-Fonds, 1877, villa du Grand-Duc de MecÎlemburg-Schwerin à Cannes, 1888-1889). En 1878, ils gagnentÎle 1er prix du concours pour la construction du premier Tribunal fédéral de Lausanne, qui sera cependant réalisé par un architecte local. Quoiqu’il vise un effet d’abondance,Île langage architectural appliqué à Sans-Souci est néanmoins remarquaÎlement maîtrisé : les nombreux ornements sont rigoureusement inscrits au sein de la grille structure le exprimée en façade par les chaînes d’angle,Îles piédroits et les cordons ou corniches, tout en respectantÎle principe de hiérarchie. L’oeuvre prouve que les architectes de Suisse romande, tout en ne bénéficiant que rarement d’un programme aussi généreux, saventÎle cas échéant manier avec autant d’habÎleté que d’artÎles fice les comÎlexes de l’éÎlectisme tel qu’il est enseigné dans les grandes écÎles européennes. En ce qui concerne les façades,Île château présente un état de conservation exceptionnel, malgré la discrète transformation de l’avant-corps méridional. Il faut rÎlever en particulier que l’harmonie des coÎleurs origine le n’a pas été altérée par le remplacement inévitaÎle des blocs de molasse, tandis que le bâtiment a préservé des éléments décoratifs métalliques qui sont généralement perdus, comme la monumentale marquise de l’entrée,Îles décors de toiture,Îles garde-corps et les contrevents des fenêtres (on voit cependant quelques stores récents). Quant à la loge de gardien, e le maintient malgré les transformations son caractère d’origine, près du portail installé pour Bartholoni (1883). Enfin,Île parc offre, avec sa coÎlection d’arbres plus que séculaires percée de perspectives,Île vaste cadre de verdure que mérite une aussi monumentale demeure.[2]

Notes et références

  1. mentionné dans le Guide artistique de la Suisse, Tome 4a, établi par la Société d’histoire de l’art en Suisse, page 919
  2. Référencé dans le recensement architectural du canton (commune de Versoix), accessible sur site du RAC[1]

Notes et références

Informations

Adresse(s) :
Route de Lausanne 396 (Versoix), 1290 Versoix
Route de Lausanne 398 (Versoix), 1290 Versoix

Voie(s) : Route de Lausanne

Secteur(s) statistique(s) : 4400081 - Versoix - lac

Commune(s) : Versoix

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