Route de Peney 131

Ce bâtiment de bains est construit comme dépendance de l’usine voisine. Celle-ci est élevée dès 1898 par l’architecte Léon Bovy pour le compte de la Société franco-suisse d’électrochimie (Frommel 2016). L’ensemble des bâtiments est cadastré en 1899.

L’usine électrochimique, qui prend dès 1903 le nom de « La Volta », produit du carbure de calcium, un composant de l’acétylène qui sert alors à alimenter la flamme des lampes automobiles et des chalumeaux oxycoupeurs. Le charbon entrant dans la composition de ce produit, sa fabrication est très salissante: cela justifie la présence d’un édifice consacré au bain des ouvriers après leur travail. Implanté à une vingtaine de mètres au sud de l’usine, à l’opposé de l’entrée principale du site, le petit volume s’élève d’un niveau unique couvert par un toit à deux pans. Il est flanqué par une annexe abritée sous une prolongation du versant du toit au sud-ouest (plus tardive). Le corps principal montre des façades aux murs crépis, dont le seul décor est composé par le léger bandeau en ciment dont sont dotés le socle et les encadrements des baies. Celles-ci sont régulièrement espacées (sauf sur la façade sud-ouest, aveugle) et couronnées d’un arc segmentaire. Elles sont munies de contrevents anciens, tandis que la porte d’entrée est abritée par une marquise improvisée, en tôle ondulée sur des aisseliers métalliques.

En plus de sa valeur historique (témoin rare d’une fonction industrielle) et de son excellent état de conservation (à défaut d’un bon entretien), l’ancien bâtiment des bains de l’usine « La Volta » est réalisé selon toute vraisemblance par un architecte de grande réputation, dont il s’agit ici du seul complexe industriel connu à ce jour. Pour un édifice très modeste et dans un contexte où l’ornement le dispute rarement à l’utilité, notre architecte présumé fait preuve d’un sens rigoureux de la composition et ajoute un discret du décor en faveur d’ouvriers qui ont déjà quitté le travail et sont en chemin vers leur foyer. Tout comme le bâtiment principal de l’usine (cf. fiche RPI-326), cette construction mérite d’être considérée comme digne d’intérêt patrimonial.

Fait partie du recensement du canton de Genève, RAC Satigny.

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