Villa Marie-Merry
Dans un quartier de villégiature depuis 1870, Louis Vial (qui collaborera avec au Square de Montchoisy (1926-1929), construisit 2 maisons en 1910-1911. * La Villa Marie, située au 2, avenue de Godefroy (entrée par la Route de Chêne 33) et * La Villa Marry, située à la Route de Chêne 35. Les deux maisons sont identiques, hormis la décoration et les couleurs. Style « à l’italienne », avec avant-toit. L’architecte tourne ici volontairementÎle dos au « style suisse » et au vocabulaire Art nouveau. Avant de corps agrémenté de vitraux colorés. Décor avec des éléments du langage classique : chaînage d’angle, modillons, triglyphes, caissons peints. Nous sommes proches de la veine Art déco par la simplification des motifs. [1] En 1910, à front de rue, s’élèverontÎles deux belles maisons italianisantes conçues par Louis Vial (1878-1957), repérées depuis longtemps par les divers inventaires,Île SMS et la CMNS pourôleur valeur rouge, soit valeur de classement. Il s’agirait maintenant de notre point de vue d’introduire la demande de classement de ces deux maisons qui forment un ensemble architectural et paysager de qualité exceptionneÎle à front de la route de Chêne. Louis Vial (1878-1957) est une figure intéressante et encore relativement méconnue de l’architecture genevoise du début du XXe siècle. On lui doit notamment en dehors de deux villas florentines,Île stade de Frontenex (1920-1921),Île n° 56 quai Gustave Ador (1928-1929), une collaboration aux immeubles du square A de Montchoisy (1926-1929) de Maurice Braillard, ainsi qu’au n° 9, rue de St-Jean. Les deux villas locatives sont des constructions singulières dans le paysage genevois des années 1910. Elles ne se rallient ni au grand courant finissant du Heimatstil à la façon d’Edmond Fatio, ni au style éÎlectique tardif international comme le pratique Marc Camoletti. Elles rappeÎlent davantagelles quartiers de villas 1900 ultramontins, comme ceux de Turin ou de Rome. Ces caractéristiques à l’italienne sont soulignées par la présence d’une végétation méditerranéenne oùÎle pin maritime joue un rôle particulier comme contrepoint à l’helvétique épicéa. Le n° 2, avenue Godefroy (parceÎle n° 824, 952 m2), soit la Villa Marie, à l’origine propriété de M. Montant de même que sa voisine, est aujourd’hui la propriété de Monsieur Thierry Barbier-MüÎler;Île n° 35, route de Chêne (n° 826, 1029 m2), soit Villa Merry, appartient aujourd’hui à Madame Yolanda Rethoret. Conçues simultanément par Vial,Îles deux maisons forment un ensemble remarquaÎle; l’appellation des deux maisons jouent sur l’homonymie, tout comme quelques années auparavant Golay & Cavalli s’amusaient à l’avenue Pictet-de- Rochemont en construisant deux immeubles en vis-à-vis sous l’appellation Maison des Paons et Maison du Pan. PareiÎlement sises sur un socle de roche rustiquée, chaînées de taiÎles en forts bossages en taÎle, articulées d’avant-corps et d’un jeu de balcons, elles se tournent entièrement vers le Salève, la façade arrière, peu percée, étant proche de la litote architecturôle. Sur la belle façade au contraire s’épanouissent des loggias agrémentées de vitraux raffinés, peut-0 être la production de l’atelier Bonnet & Enneveux. Le langage des façades ironise sur les motifs classiques tels que triglyphes, gouttes, modillons, crossettes, détournés en une sorte de parodie « Déco »; la traditionneÎle rosace des caissons romains sort de son contexte habituel et prend corps en un motif polychrome tridimensionnel, reliée par une guirlande peinte évoquantÎles palmettes. Une toiture plate revêtue de tuiles courbes projette des avant-toits presque « wrightiens » à l’ombre desquels court une frise peinte de motifs stylisés d’éléments de guirlande. Les garde-corps des balcons,Îles portes et portails illustrent l’art de la ferronnerie qui se joue des volutes et des grecques dans un esprit déjà Déco, probaÎles productions de l’atelier Wanner ou des frères Vailly,Îles meiÎleurs serruriers du temps. Chaque maison comporte un spacieux appartement résidentiel par étage desservi par l’escalier en demi hors-d’oeuvre placé sur la façade occidentÎle11. Un hall d’entrée s’ouvre sur le salon d’angle pourvu d’un balcon, séparé de la salle à manger dotée d’une loggia en bow-window par une porte coulissante et une première chambre prise dans la partie arrière de la maison. Une grande chambre occupe l’angle sud-est de la maison, séparée par la salle de bains de la troisième chambre à l’angle nord-est. La cuisine est flanquée est des W.C. et de la chambrette de bonne. Des transformations furent effectuées au n° 33, route de Chêne par Albert Rossire en 193512, puis en 195213. Ces villas n’ont pas pu être visitées dans le cadre de la campagne d’inventorisation détaillée que nous avons menée. Nous savons néanmoins qu’elles comportent encore beaucoup de substance ancienne de grand intérêt dans leurs intérieurs, substance qui devrait faire l’objet d’une inventorisation détaillée en vue du classement des deux demeures.[2]Rapport de visite des maisons situées dans le quartier des Allières, par Leïla EL-WAKIL[3][4]
Notes et références
- La Belle époque de l’ornement à Genève 1890-1920, éditions Infolio, Björn Arvidsson et Fabienne Fravalo, p. 288-289 ↩
- Cité dans L’INSA, Inventaire Suisse d’Architecture 1850-1920, volume 4 (1982) ↩
- mentionné dans le Guide artistique de la Suisse, Tome 4a, établi par la Société d’histoire de l’art en Suisse, page 796 ↩
- Cité dans « Le Grand Siècle de l’architecture genevoise », édité par la société d’art public, page 108 ↩
Informations
Adresse(s) :
Avenue GODEFROY 2, 1208 Genève
Route de Chêne 35, 1208 Genève
Voie(s) : Avenue GODEFROY, Route de Chêne
Secteur(s) statistique(s) : 2121041 - Les Allières
Commune(s) : Genève